Observateur du Valenciennois

Patrick Chartin, Proviseur du Lycée du HainautPatrick Chartin est devenu instituteur pour d'abord ressembler à ses parents. Ensuite, il a exercé son métier d'enseignant comme un sacerdoce. Devenu chef d'établissement dans divers lycées et collèges, il a approché de près les «publics hétérogènes». Il se raconte...

 

 

 

 

 

 

 

 

PATRICK CHARTIN

Nouveau proviseur du lycée du Hainaut 


 «Plus de classes, ni d'examens»

  Patrick Chartin garde au chaud une «utopie»: «une école où il n'y a pas de classes, ni de notes et pas du tout d'examens». Une école où l'élève «avance à son rythme» en fonction de ses «qualités» et de ses «goûts». L'ancien rug­byman, licencié durant trente ans à l'Iris Club de Lille, décèle «beaucoup de violence» dans le système scolaire et semble même fustiger les «défauts» de la formation à la française : «elle fabrique autant de bons que de mauvais élèves» alors, qu'à son sens, elle devrait «davan­tage s'intéresser» aux élèves moyens «qui vivent dans la dou­leur» et la «hantise» de se voir mal notés. La douleur de cou­rir derrière une bonne note ou une bonne appréciation. «J'essaie de dédramatiser la note», observe le nouveau pro­viseur du lycée du Hainaut qui opte derechef pour «l'évalua­tion par compétence». Par ailleurs, il milite pour le «tutorat», cet accompagnement individualisé pour que l'élève «soit pris par la main». 11 se fait le défenseur des lycées tech­niques «qui ne doivent pas avoir de complexes» vis-à-vis des lycées de «centre-ville» comme c'est le cas à Valenciennes avec les deux établissements phares que sont les lycées Watteau et Wallon. Il croit même que l'en­seignement technique est «porteur de réussite» puisque, à son avis, l'industrie française a un «grand besoin» de tech­niciens et d'ingénieurs. «Nous serons des acteurs de la ré-industrialisation de la France», assure le chef de l'établissement qui accueille, bon an mal an, 1500 pensionnaires à Valenciennes.

 


 

«Formidable aventure»

Patrick Chartin est venu «naturellement» à l'enseigne­ment car il avait «ça dans le sang». Natif du Berry, il entre à l'Ecole normale en 1969 pour se former au métier d'institu­teur. Pour faire comme ses parents, «des hussards de la République» qui ont fait car­rière dans l'Education natio­nale. Il a choisi d'être ensei­gnant car il voulait «aider les enfants à grandir». Féru de rugby, il fait siennes les valeurs de l'ovalie telles que «l'en­traide» et la fête après la vic­toire «avec le sentiment du devoir accompli».

Ce Valenciennois d'adoption est devenu un supporter acharné du VAFC. Trois de ses enfants l'ont suivi dans ce soutien immodéré pour son club de cœur.

Il accomplit sa mission de chef d'établissement «comme un coach» d'une équipe où chaque individu «s'épanouit». Patrick Chartin se fixe comme objectif premier d'ouvrir «encore plus» le lycée du Hai­naut sur son environnement immédiat. Il faut dire que le nouveau proviseur a relevé «bien des défis» avant d'arri­ver dans le lycée où il a «tou­jours voulu» être affecté. Une dizaine d'années durant (1998-2007), il a présidé aux destinées du collège de Chasse Royale où il a vécu, de son propre aveu, une «aventure for­midable». «Je n'aime pas m'occuper que des bons élèves et je suis attiré par les publics hétéro­gènes», révèle ce proviseur qui a pris un abonnement «à vie» dans les tribunes du Stade du Hainaut. Trois de ses enfants en ont fait autant et partici­pent, à chaque match du VAFC, à l'animation de la tri­bune des supporters. «Le club va se relever car il a des racines», jure Patrick Chartin qui déclare sa flamme pour Valenciennes, une ville «où les élus ont décidé de s'attaquer aux inégalités».La politique le tente-t-il ? «Je me revendique de l'humanisme rigoureux et mon engagement politique est dans mon travail de tous les jours», rétorque le chef de l'un des établissements sco­laires les plus pléthoriques du Valenciennois. Il a de grandes ambitions pour l'établissement qu'il vient de rejoindre. Il veut en faire un lycée où l'excellence prime. Il veut voir plus d'élèves sortis des rangs du lycée rallier les grandes écoles d'ingénieurs. Dans l'intervalle, et durant le laps de temps que lui laissent ses trop pesantes activités pro­fessionnelles, il se tient au cou­rant de la «marche du monde». Il porte un «intérêt réel» aux grands débats qui agitent la société «surtout ceux liés à l'édu­cation». Cinéphile, il est «riche» d'une «énorme» collection de DVD. «Par-dessus tout», il aime le cinéma de Quentin Tarantino chez qui il trouve du «divertissement mêlé d'intelligence». Patrick Chartin est de ceux qui considèrent que l'humour est une «forme d'in­telligence». Par ailleurs, il lit une quantité «astronomique» de romans et compulse «bien sûr» toute la presse, avec une prédilection pour les journaux locaux. A la tête d'un lycée de 1 500 élèves et de 300 adultes, il tente, tel un «bon père de famille», de trouver à chacun de ses protégés la voie «qui le fera grandir» et le «rendra heu­reux». Il puise dans son long parcours d'instituteur puis de chef d'établissement «l'éner­gie indispensable» pour mener de front cette mission qu'il prend «très à cœur». Une année scolaire nouvelle a commencé et, avec elle, des défis à la mesure d'un homme qui nourrit de grandes ambi­tions pour son lycée.

 S.K.

 


 

 Eclairage

Le lycée du Hainaut prépare des étudiants aux grandes écoles d'ingénieurs

lyceeduhainautLe lycée du Hainaut est au cœur de Valen­ciennes. Il regroupe un lycée d'ensei­gnement général et technologique, un lycée professionnel, une unité de formation par apprentissage, un centre important de for­mation continue et le centre de validation des acquis de l'expérience. Il se situe à cinq minutes à pied de la gare et des stations de tramway et est bien desservi par les lignes de bus. Il dispose d'un internat mixte de cent quarante lits ouvert du dimanche soir au samedi midi. Le lycée bénéficie depuis plu­sieurs années d'importants travaux de réno­vation financés par le Conseil régional qui lui permettront à très court terme de disposer en tous lieux de locaux modernes et d'équi­pements à la pointe de la technologie. L'établissement a enregistré au bac 2013 d'excellents résultats dans toutes les filières. 96 % de taux de réussite en STI2D et 93 % en Sciences de l'ingénieur. En bac pro, on y a enregistré 80% de réussite. Au lycée du Hainaut, des classes dédiées préparent aux concours des grandes écoles d'ingénieurs. Chaque année, des dizaines d'étudiants rejoignent les bancs de ces établissements prestigieux après une bonne préparation au lycée du Hainaut dont le premier respon­sable veut maintenir ce même niveau d'exi­gence pour attirer plus encore de candidats à ces formations de renom. Le taux de réussite au bac dans les diffé­rentes filières est de nature à braquer l'at­tention des institutions locales qui apportent déjà aide et assistance à ce grand établis­sement scolaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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